Surveillance DCE

SURVEILLANCE DCE

Expressions associées : surveillance DCE biote, biosurveillance, substances prioritaires DCE


La France présente un réseau hydrographique dense, avec en moyenne 1 km de cours d’eau par km2 en métropole. Néanmoins, aujourd’hui, ce réseau est fragilisé car soumis aux rejets industriels et urbains, ainsi qu’aux pratiques agricoles intensives, conduisant à leur pollution.

L’une des principales conséquences de cette pollution est la perte de la biodiversité des écosystèmes aquatiques. Au niveau mondial, 39% des espèces vivantes sont aujourd’hui considérées comme menacées. Or dans le même temps, il est reconnu aujourd’hui que le maintien de la biodiversité aquatique est le meilleur garant pour pérenniser les biens et services fournis par les écosystèmes aquatiques à l’Homme (eau potable, agriculture, industries, loisirs). L’appauvrissement biologique coûterait 2 000 milliards1 d’euros par an, soit 6% du Produit National Brut mondial.

En plus de réduire les rejets urbains et industriels (pollution diffuse), il convient d’identifier des voies pour améliorer les traitements dans les stations d’épuration (STEP) qui n’ont pas été conçues pour traiter les micropolluants (perturbateurs endocriniens, etc…). L’objectif des pouvoirs publics est de développer une surveillance accrue des milieux naturels.

Disposer d’outils pour le diagnostic de la contamination et de la toxicité est indispensable pour bien connaitre l’état des milieux aquatiques, les restaurer et revenir à leur bon état, tel que requis par l’Union Européenne à travers la Directive-Cadre sur l’Eau (DCE).

En plus d’identifier les milieux aquatiques les plus problématiques, de tels outils sont également devenus indispensables en termes de pilotage pour évaluer le bénéfice des actions correctives, souvent coûteuses, mises en place pour améliorer l’état des milieux aquatiques : optimisation de systèmes d’épuration (eaux urbaines ou industrielles), changement de pratiques agricoles ou industrielles, et aménagement du territoire.

 

24-Cours-DEau.png

 

♦ La Directive Cadre Fille de 2013 introduit la notion de la chimie dans le vivant (le biote)

25-DCE.png

La stratégie de surveillance de la qualité des milieux aquatiques impulsée par la Directive Cadre Eau (DCE) de 2000 évolue en 2013 avec la publication d’une Directive Cadre Fille².

Au-delà de l’obligation d’effectuer des analyses chimiques à travers des prélèvements d’eau et de réaliser des analyses d’indices biologiques (IBGN, etc.), la directive impose de mesurer certains contaminants hydrophobes prioritaires dans le biote (organismes vivants).

Cette DCE fille donne lieu en France à la publication au Journal officiel, en juillet et août 2015, de deux Arrêtés modifiant les arrêtés du 25 janvier 2010 relatifs au programme de surveillance, aux méthodes et critères de l’évaluation de l’état des eaux :

i. Arrêté du 27 juillet 2015 relatif aux méthodes et critères d’évaluation de l’état écologique, de l’état chimique et du potentiel écologique des eaux de surface.

ii. Arrêté du 7 août 2015 modifiant l’arrêté du 25 janvier 2010 établissant le programme de surveillance de l’état des eaux en application de l’article R. 212-2.

Les mesures de bioaccumulation sur gammares répondent à cette évolution de la DCE. En effet, une mesure de bioaccumulation dans la matrice gammare permet de doser les micropolluants hydrophobes et donc d’obtenir des niveaux quantifiables de cette contamination, difficilement mesurable par des mesures dans l’eau mais également de renseigner sur la fraction biodisponible³ des micropolluants présents qui peut potentiellement intégrer les chaines trophiques et contaminer les poissons.

Des experts européens ont rédigé un Guide4 destiné aux Etats membres afin de leur donner des indications quant à l’implémentation des nouveaux aspects de la DCE. Ce guide européen, publié en janvier 2015, inclut l’approche de transplantation d’invertébrés par encagement parmi les solutions pouvant contribuer aux stratégies de suivi pour répondre à cette nouvelle obligation réglementaire.

17-Etude-Impact.jpg

 

Les Agences de l’eau en France vont devoir intégrer dans leur programme de surveillance des milieux aquatiques la mesure de substances prioritaires hydrophobes (HAP, PCB, etc.).

Ces mesures sont réalisées en priorité dans le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS).

 26-DCE.png      27-DCE.png

 

BIOMAE est en mesure de répondre aux besoins des acteurs de l’eau en matière de surveillance large échelle des milieux aquatiques.

Découvrez les outils et l'approche de biosurveillance de BIOMAE, issus de 10 années de recherche par l’IRSTEA pour évaluer la qualité de vos milieux aquatiques en cliquant ici.

 

gammare_1200.jpg

 


[1] « L’économie des systèmes écologiques et de la biodiversité », étude présentée lors de la neuvième conférence de l’ONU sur la biodiversité en 2008

[2] DIRECTIVE 2013/39/UE du Parlement européen et du Conseil du 12 août 2013 modifiant les directives 2000/60/CE et 2008/105/CE en ce qui concerne les substances prioritaires pour la politique dans le domaine de l’eau.

[3] La bioaccumulation est l'absorption de substances chimiques, présentes dans l'environnement, et leur concentration dans certains tissus par les organismes.

La biodisponibilité désigne la fraction d'une substance ayant la possibilité d'être absorbée et d'être utilisée par le métabolisme d'un organisme vivant.

[4] Référence du Guide européen : Common implementation strategy for the Water Framework Directive (2000/60/EC) – Guidance Document No. 32 On biota monitoring under the Water Framework Directive.